Elève conservateur du patrimoine en spécialité Patrimoine scientifique, technique et naturel, j’effectue actuellement mon stage de spécialité au Musée muséum départemental des Hautes-Alpes, sous la direction d’Agathe Frochot, conservatrice et directrice de l’établissement.
Mes missions : documenter et étudier les fonds d’histoire naturelle du musée qui regroupe les collections, riches et variées, issues des grandes disciplines naturalistes (paléontologie, zoologie, botanique, minéralogie et pétrologie). Ce travail d’enquête vise à reconstituer l’histoire des collections naturalistes à partir des registres anciens, des fonds documentaires du musée et des Archives départementales des Hautes-Alpes, mais aussi grâce à l’examen direct des spécimens (ostéologie, taxidermie, fossiles…).
Véritable travail de fourmi, cette mission contribue à poser les bases d’une réflexion muséographique renouvelée, destinée à redonner toute leur place aux collections naturalistes au sein du futur parcours permanent.
Ces recherches s’inscrivent dans le cadre de la révision du Projet scientifique et culturel du musée, actuellement en pleine mutation. Elles permettront de mieux articuler les collections d’histoire naturelle avec les autres ensembles du musée (beaux-arts, archéologie, ethnologie régionale et extra-européenne) dans une approche globale du patrimoine.
Au fil des recherches des découvertes marquantes et des coups de cœur
L’œuvre de Bénoni Blanc, dont les dessins géologiques du XIXᵉ siècle, d’une précision remarquable, conjuguent rigueur scientifique et sensibilité graphique et ouvrent de véritables fenêtres sur l’histoire de la géologie alpine.
Les ensembles paléontologiques, particulièrement riches, ont révélé de splendides empreintes végétales fossiles du Briançonnais, témoins de paysages carbonifères disparus.
Le célèbre « Herbier d’oiseaux » appelé « Oisier », rare survivance de pratiques muséographiques anciennes. Étrange et poétique, cet ensemble témoigne d’une autre manière, aujourd’hui disparue, de classer et de présenter le vivant.
La richesse botanique du musée se révèle aussi à travers les nombreux herbiers déposés au Conservatoire botanique national alpin, véritables archives de la flore alpine collectée depuis le XIXᵉ siècle.
Les collections malacologiques réunies par David Martin et Louise Rostan-d’Abancourt constituent un autre ensemble majeur. Leurs coquilles soigneusement récoltées, classées et annotées illustrent un patient travail naturaliste.
Parmi les découvertes les plus remarquables figure également la réidentification d’un crâne d’un grand bovidé du Sud-Est asiatique, le Banteng (Bos javanicus), une espèce très rarement représentée dans les musées d’histoire naturelle. Cette pièce exceptionnelle constitue un apport scientifique majeur pour le Musée muséum départemental et renforce la dimension internationale et comparative de ses collections ostéologiques.